Quelques chiffres
Le cancer de la prostate se situe au 1er rang des cancers chez l’homme, nettement devant les cancers du poumon et du côlon-rectum. Il représente 25 % de l’ensemble des cancers incidents masculins. Ce cancer survient dans environ 66% des cas chez des hommes âgés de 65 ans et plus.
Il se situe au 3e rang des décès par cancer chez l’homme. Le facteur pronostique majeur de ce cancer est le stade au moment du diagnostic.
A l’heure actuelle, en Belgique comme en France, un dépistage systématique du cancer de la prostate n’est pas organisé. Le dépistage est le choix du patient, en concertation avec son médecin traitant. Le KCE (Centre fédéral d’expertise des soins de santé) explique que cela est dû au fait que le dépistage a des avantages et des inconvénients et qu’il y a des arguments valables qui plaident dans les deux sens. C’est pourquoi le KCE a élaboré un dépliant consacré au dépistage du cancer de la prostate par PSA à destination des patients.
L’Institut National du Cancer (fr) a également élaboré une brochure “Le dépistage du cancer de la prostate – S’informer avant de décider” afin d’aider les hommes concernés à prendre leur décision.
Avantages et inconvénients du dépistage
En résumé, selon mc.be
Avantages du dépistage: diagnostiquer de manière précoce certains cancers agressifs qui pourront être traités de manière définitive. Or, si on attend l’apparition des symptômes pour poser un diagnostic, le cancer se trouve déjà à un stade avancé.
Inconvénients du dépistage: celui-ci peut aussi mettre en évidence des cancers très peu agressifs, qui ne mettront jamais en danger la vie du patient. L’inconvénient est donc le stress lié à l’attente des résultats et parfois la mise en place d’un traitement qui n’est pas toujours nécessaire et qui peut engendrer des effets secondaires importants tels que l’impuissance ou l’incontinence.
Signes et symptômes
Le plus souvent, le cancer de la prostate se développe sans qu’il n’y ait de symptôme particulier. Il est découvert le plus souvent suite à une analyse de PSA ou suite à une anomalie de la consistance de la prostate au toucher rectal. Plus rarement, un cancer de prostate peut provoquer une infection urinaire, la présence de sang dans les urines, une rétention d’urine ou encore des douleurs dans le bas du dos ou au niveau des os.
Dosage du PSA: le PSA est l’Antigène Spécifique de la Prostate. Cette substance est fabriquée par la glande prostatique et est retrouvée à l’état normal dans des proportions faibles dans le sang. En cas de cancer, le taux de PSA dans le sang sera plus élevé. Néanmoins, un taux de PSA élevé n’est pas spécifique du cancer de la prostate, il marque la présence d’une anomalie au niveau de la prostate, anomalie qui peut être sans gravité (inflammation ou prostate augmentée de volume mais bénigne).
L’Association Française d’Urologie recommande un dépistage annuel systématique à partir de 50 ans (45 ans en cas de cas de cancer de prostate dans la famille). Votre médecin traitant peut prescrire cette prise de sang qui peut être faite dans n’importe quel laboratoire non à jeun.
Bon à savoir : entre 55 et 69 ans, le dépistage par test PSA n’est plus un test gratuit pour le patient.
Consultation d’urologie
En consultation, un urologue effectuera les examens suivants:
- Echographie pelvienne: l’échographie est une technique d’examen qui permet de voir l’intérieur du corps à l’aide d’ultrasons. L’échographie du pelvis (= bassin) chez l’homme permet notamment de visualiser la prostate. Il s’agit d’un examen indolore et non invasif. Il est préférable d’arriver pour ce type d’examen avec une vessie pleine, ce qui permettra au médecin de mieux voir.
- Echographie transrectale: l’échographie de la prostate par voie endorectale (voie interne, introduction de la sonde d’échographie dans le rectum) est plus précise et permet d’avoir une image de meilleure qualité de la prostate. Elle permet également d’évaluer plus précisément le volume de la glande prostatique ainsi que sa texture.
- Toucher rectal: cet examen est fait par un médecin. Il permet de palper la prostate et surtout de déceler des modifications du volume, de la forme et de la consistance (zone plus dure, irrégularités, nodule(s)). Concrètement, le médecin introduit un doigt dans l’anus afin de palper la prostate.
Le toucher rectal est un acte totalement indolore mais certes inconfortable, sans aucun risque pour le patient, et dont la durée est d’à peine deux minutes.
- Biopsies prostatiques: des biopsies sont pratiquées lorsqu’une anomalie de la prostate a été découverte au toucher rectal ou lors du dosage du PSA sanguin. En pratique, le médecin introduit une sonde d’échographie par voie endorectale et les biopsies se font à l’aide d’une petite aiguille sous contrôle de l’échographie. Cet examen indolore se pratique en général en consultation, sans anesthésie ou sous anesthésie locale, et dure une quinzaine de minutes. Les deux problèmes potentiels liés à ces biopsies sont l’infection urinaire ou la présence de sang dans l’urine ou dans les selles. La prise d’antibiotiques une heure avant ce geste est obligatoire afin de limiter les risques au maximum. En cas de fièvre ou de saignements abondants après les biopsies prostatiques, vous devez contacter votre urologue et/ou vous rendre aux Urgences.
- Anatomopathologie: les prélèvements obtenus lors des biopsies sont envoyés en analyse anatomopathologique. Les résultats peuvent être obtenus une semaine après celles-ci. Cette analyse des tissus prélevés qui permet de confirmer ou non la présence d’un cancer. Elle a pour objectifs de:
- préciser l’agressivité des cellules cancéreuses définie selon une échelle, appelée score de Gleason (plus le Gleason est élevé plus les cellules cancéreuses sont agressives) ;
- évaluer notamment le nombre de biopsies positives (présentant des cellules cancéreuses), les caractéristiques du tissu tumoral et le franchissement des cellules cancéreuses au-delà de la capsule de la prostate.
Examens complémentaires en radiologie
- IRM prostatique: l’IRM utilise un puissant aimant et des ondes radioélectriques pour produire des images en coupes du pelvis et de la prostate. Un ordinateur assemble ces images en clichés en trois dimensions. C’est actuellement le meilleur examen d’imagerie du cancer localisé de la prostate. Elle permet de détecter et d’apprécier l’étendue locale d’un cancer de la prostate.
- Bilan d’extension: il comporte des examens d’imagerie qui permettent de vérifier si le cancer s’est développé en dehors de la prostate, autrement dit s’il s’est étendu à d’autres organes. En général, le médecin prescrira un scanner abdomino-pelvien qui permet de voir également les vésicules séminales, le rectum, le bas de la vessie et les ganglions lymphatiques situés à proximité de la prostate et une scintigraphie osseuse corps entier qui recherche la présence d’éventuelle métastase osseuse (métastase = tumeur formée à partir de cellules cancéreuses qui se sont détachées d’une première tumeur (tumeur primitive) et qui ont migré par les vaisseaux lymphatiques ou les vaisseaux sanguins dans une autre partie du corps où elles se sont installées).
Article à lire : Le Journal des Femmes, “Dépistage cancer de la prostate : âge, organisé, recommandations” .
Il est évident que les informations présentes ici constituent une base. N’hésitez pas à me contacter et à prendre rendez-vous pour un suivi et des conseils personnalisés.








