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Cancer de la prostate: impacts sur la sexualité et solutions

Introduction

Tous les cancers n’affectent pas tous la sexualité de la même manière. Des cancers “symboliques et affectifs” comme ceux des testicules, de la verge ou de la prostate peuvent remettre en jeu le sentiment de virilité, diminuer la capacité de séduction, réduire l’intérêt sexuel, modifier voire supprimer l’érection et l’éjaculation. Le cancer de la prostate est diagnostiqué chez de hommes de plus en plus jeunes. Il est donc primordial d’améliorer la préservation et la récupération de la fonction sexuelle.

Des solutions existent afin de préserver votre vie intime et sexuelle, quel que soit le traitement choisi, et il ne faut pas hésiter à faire appel à un sexologue à ce sujet. Idéalement, dès l’annonce d’un cancer de la prostate, un rendez-vous de sexothérapie doit vous être proposé. L’objectif d’un premier rendez-vous avant traitement est de faire le point sur votre fonction sexuelle. En effet, la fonction érectile, la fréquence de l’activité sexuelle régulière pré-traitement, la présence d’un(e) partenaire, l’âge et la libido sont des éléments importants pour apprécier la fonction sexuelle et le pronostic. Il faudra aussi tenir compte des paramètres psychosociaux qui influencent de manière déterminante la fonction sexuelle (impact de l’annonce de la maladie, atteinte de l’image de soi, ajustements inévitables dans la relation de couple,…). Des entretiens de suivi peuvent être organisés mensuellement.

Comprendre le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est l’un des types de cancer les plus courants chez les hommes. La prostate est une petite glande située sous la vessie et devant le rectum, responsable de la production de liquide prostatique, un composant essentiel du sperme. Lorsque des cellules anormales commencent à se développer de manière incontrôlée dans la prostate, elles peuvent former une tumeur maligne, c’est-à-dire cancéreuse. Bien que le cancer de la prostate se développe souvent lentement, il peut parfois progresser rapidement et se propager à d’autres parties du corps.

Il existe plusieurs facteurs de risque pour le cancer de la prostate, notamment l’âge, les antécédents familiaux, l’origine ethnique et certains facteurs génétiques. Les hommes de plus de 50 ans, ceux ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate et les hommes d’origine africaine ont un risque accru de développer cette maladie. Les tests de dépistage, tels que le toucher rectal et le dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA), sont souvent utilisés pour détecter le cancer de la prostate à un stade précoce, ce qui augmente les chances de succès du traitement.

Les symptômes du cancer de la prostate peuvent varier en fonction de la taille et de l’emplacement de la tumeur. Ils peuvent inclure des difficultés à uriner, une diminution de la force du jet urinaire, du sang dans l’urine ou le sperme, des douleurs dans le bas du dos, les hanches ou les cuisses, et des dysfonctionnements érectiles. Toutefois, ces symptômes peuvent également être causés par d’autres conditions non cancéreuses, ce qui rend essentiel un diagnostic médical précis pour déterminer la présence d’un cancer de la prostate.

Les effets du cancer de la prostate sur la sexualité

Le cancer de la prostate et ses traitements peuvent avoir des effets significatifs sur la sexualité des hommes. L’un des impacts les plus notables est la dysfonction érectile, qui est l’incapacité d’obtenir ou de maintenir une érection suffisante pour des rapports sexuels satisfaisants. Cette condition peut être causée par des dommages aux nerfs et aux vaisseaux sanguins autour de la prostate lors de la chirurgie ou de la radiothérapie. De plus, le traitement hormonal, souvent utilisé pour réduire les niveaux de testostérone, peut également diminuer la libido et les capacités érectiles.

Les changements dans la fonction sexuelle ne se limitent pas à la dysfonction érectile. Les hommes peuvent également éprouver une diminution de la libido, une difficulté à atteindre l’orgasme, une réduction de la qualité et de la quantité du sperme, et une sensation de plaisir diminuée pendant les rapports sexuels. Ces effets peuvent être temporaires ou permanents, en fonction de la gravité du cancer, du type de traitement administré et de la réponse individuelle du patient.

Le cancer de la prostate et ses traitements peuvent également avoir des répercussions émotionnelles et psychologiques. Les hommes peuvent ressentir de l’anxiété, de la dépression, une baisse de l’estime de soi et une perte de confiance en leur masculinité. Ces sentiments peuvent être exacerbés par les changements physiques associés à la maladie et à ses traitements, créant un cycle de détresse émotionnelle qui peut affecter la qualité de vie globale et les relations intimes.

Changements physiques et émotionnels

Les changements physiques provoqués par le cancer de la prostate et ses traitements peuvent être nombreux et variés. Outre la dysfonction érectile déjà mentionnée, certains hommes peuvent éprouver des douleurs ou une gêne dans la région pelvienne, des changements dans les sensations sexuelles et une diminution de la taille du pénis. Ces changements peuvent être déconcertants et affecter l’image corporelle et la perception de soi des patients, ce qui peut, à son tour, influencer leur désir et leur capacité à s’engager dans des activités sexuelles.

Sur le plan émotionnel, le diagnostic de cancer de la prostate peut engendrer un stress considérable. L’incertitude concernant l’avenir, les préoccupations liées à la survie et les inquiétudes sur les effets secondaires des traitements peuvent provoquer de l’anxiété et de la dépression. Ces émotions négatives peuvent interférer avec le désir sexuel et la capacité à maintenir des relations intimes satisfaisantes. Il est donc crucial que les patients reçoivent un soutien émotionnel adéquat tout au long de leur parcours de traitement.

La communication ouverte et honnête avec les partenaires est essentielle pour gérer les impacts émotionnels du cancer de la prostate. Les partenaires peuvent également éprouver du stress et de l’angoisse face à la maladie et à ses effets sur la relation. En discutant ouvertement de leurs sentiments, de leurs préoccupations et de leurs besoins, les couples peuvent renforcer leur connexion émotionnelle et trouver des moyens de s’adapter ensemble aux défis posés par le cancer de la prostate. La thérapie de couple peut être bénéfique pour aider les partenaires à naviguer dans ces changements émotionnels.

Les traitements du cancer de la prostate et leur impact sur la sexualité

Les différents traitements du cancer de la prostate peuvent avoir des impacts variés sur la sexualité des patients. La prostatectomie radicale, qui consiste à retirer chirurgicalement la prostate, est une option courante pour les hommes atteints de cancer localisé. Cette intervention peut endommager les nerfs responsables de l’érection, entraînant une dysfonction érectile temporaire ou permanente. De plus, l’ablation de la prostate entraîne une perte de l’éjaculation, bien que l’orgasme puisse encore être atteint.

La radiothérapie, une autre option de traitement, peut également affecter la fonction érectile en endommageant les vaisseaux sanguins et les nerfs autour de la prostate. Les effets secondaires de la radiothérapie peuvent inclure une irritation de la vessie et du rectum, ce qui peut causer des douleurs et des gênes pendant les rapports sexuels. Bien que ces effets secondaires puissent s’atténuer avec le temps, certains hommes peuvent éprouver des changements permanents dans leur fonction sexuelle.

Le traitement hormonal, souvent utilisé pour les cancers de la prostate avancés, vise à réduire les niveaux de testostérone dans le corps, car cette hormone peut favoriser la croissance des cellules cancéreuses. Cependant, la diminution de la testostérone peut entraîner une baisse de la libido, une fatigue accrue et une perte de masse musculaire. Ces changements peuvent affecter la vitalité sexuelle et la motivation des hommes à s’engager dans des relations sexuelles. Il est important que les patients discutent avec leurs médecins des possibles effets secondaires des traitements et des stratégies pour les gérer.

Pour le traitements en détails avec leurs effets indésirables c’est par ici.

Communication avec le partenaire

La communication ouverte avec le partenaire est cruciale pour surmonter les défis posés par le cancer de la prostate. Les hommes peuvent hésiter à discuter de leurs préoccupations sexuelles par peur de causer de l’inquiétude ou de l’embarras. Cependant, aborder ces sujets de manière honnête peut renforcer la relation et permettre aux partenaires de trouver des solutions ensemble. Partager les sentiments, les attentes et les besoins peut aider à maintenir une connexion émotionnelle et physique malgré les changements imposés par la maladie.

Il est également bénéfique pour les couples de se renseigner ensemble sur le cancer de la prostate et ses traitements. Comprendre les effets potentiels sur la sexualité peut aider à ajuster les attentes et à trouver des moyens de s’adapter aux nouvelles réalités. Les partenaires peuvent également jouer un rôle de soutien en encourageant leur conjoint à explorer des solutions et à rester engagés dans la recherche de traitements et de thérapies qui peuvent améliorer leur bien-être sexuel.

Le soutien émotionnel mutuel est essentiel. Les partenaires peuvent éprouver des sentiments de tristesse, de frustration ou d’impuissance face à la maladie et à ses impacts. En discutant ouvertement de ces émotions et en offrant un soutien réciproque, les couples peuvent mieux gérer les défis émotionnels et maintenir une relation forte et résiliente. La thérapie de couple ou les groupes de soutien peuvent également offrir un espace sûr pour discuter de ces questions et obtenir des conseils professionnels.

Stratégies pour améliorer la vie sexuelle après le traitement

Il existe plusieurs stratégies que les hommes peuvent adopter pour améliorer leur vie sexuelle après le traitement du cancer de la prostate. L’une des premières étapes consiste à consulter un sexologue pour discuter des options disponibles. L’utilisation d’un vacuum, dispositif à vide qui crée une érection en aspirant le sang dans le pénis, est fortement recommandée.

Les médecins peuvent recommander des médicaments, tels que les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (comme le Viagra ou le Cialis), qui peuvent aider à améliorer la fonction érectile en augmentant le flux sanguin vers le pénis. La thérapie par injection intracaverneuse est une autre option pour les hommes qui ne répondent pas aux médicaments oraux. Cette méthode consiste à injecter des médicaments directement dans le pénis pour provoquer une érection. Bien que cette approche puisse sembler intimidante au début, elle est souvent efficace et peut offrir une solution viable pour les hommes cherchant à retrouver une fonction érectile satisfaisante. Plus d’informations ici.

En plus des traitements médicaux, les hommes peuvent explorer des thérapies complémentaires, telles que la thérapie sexuelle ou la thérapie de couple, pour aborder les aspects émotionnels et relationnels des changements sexuels. Ces thérapies peuvent aider à renforcer la communication, à surmonter les peurs et les anxiétés, et à recréer une intimité et une connexion émotionnelle dans la relation. Les couples peuvent également bénéficier de conseils sur la manière de redécouvrir et de réinventer leur vie sexuelle, en se concentrant sur le plaisir mutuel plutôt que sur la performance.

Conclusion et pistes explorées en sexothérapie

Le cancer de la prostate peut avoir des impacts profonds sur la sexualité des hommes, mais il est possible de surmonter ces défis avec le bon soutien et les bonnes stratégies. Comprendre les effets potentiels de la maladie et de ses traitements, communiquer ouvertement avec les partenaires et les professionnels de la santé, et explorer les options de traitement et de thérapie disponibles sont des étapes essentielles pour maintenir une qualité de vie élevée.

  • Questionnaires validés scientifiquement (IIEF: International Index of Erectile Function, MSHQ: Male Sexual Health Questionnaire,…).

  • Travail sur l’image de soi: accepter ce nouveau corps, ses faiblesses et ses limites mais également ses forces restantes par notamment des exercices de confiance en soi, amour de soi et estime de soi, tout en commençant par prendre soin de soi au quotidien.

  • Travail sur la connaissance de soi par des exercices basés sur les 5 sens, la connaissance de sa fonction sexuelle (qu’est-ce qui m’excite, qu’est-ce qui me plaît, qu’est-ce qui m’aide à atteindre l’orgasme,…), les zones érogènes, la masturbation, l’exploration (à l’aide de mots, de jouets, d’expériences nouvelles,…), l’utilisation de sextoys,…

  • Travail sur la libido, première impactée peu importe le traitement choisi, par des exercices basés sur les principales sources de désir, l’importance du ressenti, les jeux seul ou en couple, l’imaginaire érotique,…

  • Travail sur la communication au sein du couple à mettre en pratique à la maison via des prescriptions diverses : sorties, massages, moments de qualité en couple,…

Le but de tout ce travail est de préserver votre vie sexuelle et d’avancer vers une sexualité certes différente mais aussi satisfaisante voire même davantage.

Il est important de souligner pour conclure que la sexualité de l’homme ne se résume pas à l’érection et que de nombreux moyens existent afin de prendre du plaisir et d’en donner en ne comptant pas que sur le maintien d’une rigidité suffisante 😉

Voir aussi dépistage et traitement du cancer de la prostate

Article à lire : Roche.fr : cancer et vie sexuelle au masculin.

Excellent article également : Conséquences des traitements du cancer de la prostate sur la vie sexuelle du patient.

Sources : Revue médicale suisse, Le livre blanc “Cancer du sein, cancer de la prostate : vie intime et sexuelle”, Editions Médecine et Hygiène.

Il est évident que les informations présentes ici constituent une base. N’hésitez pas à me contacter et à prendre rendez-vous pour un suivi et des conseils personnalisés.

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