Dans cette Sexo-Lettre, je vais donc vous donner des conseils issus de ma pratique mais je me baserai également sur l’excellent livre (une pépite!) «Mais tu ne m’avais jamais dit ça! La communication intime dans le couple» de Carolle et Serge Vidal-Graf. Une bonne communication sexuelle est essentielle!
Pour commencer, partons du principe que «faire l’amour» inclut tous les aspects sensuels d’une rencontre: se dire des mots tendres, prendre un bain ensemble, écouter de la musique allongés nus ensemble, se caresser,… Cela ne se limite pas à une pénétration, une éjaculation ou un orgasme et il se peut que ces étapes n’arrivent pas à chaque fois!
Ensuite, nous devons accepter notre aspect animal et le laisser vivre, sans jugement. Il faut oser le laisser s’exprimer lors de nos rapports sexuels: oser séduire, oser rugir comme un animal sauvage, oser faire un strip-tease en prenant son temps, oser se masturber devant son partenaire,…
Enfin, il faut savoir qu’au niveau sexuel chaque couple va passer par 3 phases:
La lune de miel = sexualité masculine.
Partenaire idéalisé, désir permanent. Une sexualité masculine est orientée vers un objectif à atteindre: l’orgasme et l’éjaculation. C’est une sexualité de l’action, de l’excitation, du mouvement. Il y a peu de pauses, peu de moments de tendresse.
L’initiation à la sensualité = sexualité féminine.
Le plus souvent, la femme sera à l’initiative de transformer la relation sexuelle pour y inclure de la lenteur, de la sensualité, de la tendresse et l’absence d’objectif à atteindre. C’est une sexualité de caresses subtiles, de non-faire et d’immobilité.
La danse sexuelle = le masculin et le féminin se rencontrent.
Après être passés par les 2 phases précédentes, il s’agira de pouvoir alterner l’une et l’autre sexualité, des moments plus masculins et des moments plus féminins. Le couple qui aura appris à communiquer sexuellement pourra décider, en fonction de son humeur du moment, des combinaisons utilisées.
Remarque: statistiquement, les hommes sont plutôt initiateurs de sexualité masculine et les femmes de sexualité féminine mais il existe bien sûr des couples où la situation est inversée.
Il y a des moments dans la vie de couple où il est essentiel de pouvoir avoir une bonne communication sexuelle: la grossesse, l’accouchement, l’arrivée du 1er enfant, la vie de famille, la ménopause et l’âge mûr.
Eviter la confrontation et espérer que tout puisse magiquement redevenir comme avant est illusoire. Pour garder une sexualité épanouissante, il est essentiel d’en parler. Il ne s’agira jamais d’un retour en arrière mais bien de chercher à construire ensemble une sexualité nouvelle, différente et qui convient aux deux partenaires. Bien sûr, cela ne sera pas facile. Il s’agit d’en parler et «d’accepter d’entrer dans un processus de transformation souvent long et presque toujours émotionnellement chaotique»!

Comment aborder la communication sexuelle dans votre couple?
Votre vie sexuelle actuelle ne vous satisfait pas complètement et vous souhaitez en parler avec votre partenaire. Que faire?
Commencez par créer le cadre c’est-à-dire mettez toutes les chances de votre côté pour que cette conversation se passe au mieux. Le choix du moment est essentiel et fixer un rendez-vous permet à votre partenaire de ne pas être pris au dépourvu. Commencez l’entretien par partager vos émotions positives autour de votre relation.
Si votre partenaire refuse ce rendez-vous, il est temps d’en prendre un chez un professionnel!
Le choix des mots
Comme lorsque je vous ai parlé de la boîte à communication, il s’agira surtout d’aborder autant ce qui va que ce qui ne va pas. En effet, même lorsque tout va bien, il reste toujours très important de communiquer! Et «plus un couple consacrera du temps pour parler de ce qui va bien, plus il lui sera facile de parler de ce qui va mal».
Quelques exemples
Parler de ce qui va:
«J’aime faire l’amour avec toi», «j’aime comme tu me caresses», «j’aime être dans tes bras»,…
Parler de ce qu’il faut améliorer:
«J’ai envie de faire l’amour plus souvent/moins souvent», «Tu effleures mes seins et je préférerais que tu les pétrisses», «J’ai peur d’éjaculer trop vite quand nous faisons l’amour», «J’ai le sentiment que c’est toujours toi qui inities le rapport amoureux, cela ne me donne pas la possibilité de laisser émerger mon désir pour toi; j’aimerais parfois que tu sois moins insistant envers moi pour que je puisse sentir l’envie de venir vers toi», «J’aimerais plus d’affectif, de douces caresses»…
Tout d’abord, il fait se laisser le temps d’intégrer émotionnellement l’information. Ce n’est que dans un second temps qu’on essayera de trouver des solutions.
Les désirs
Je l’ai déjà de nombreuses fois répété mais il est essentiel de se connaître soi-même, d’identifier ses désirs pour ensuite pouvoir les communiquer à son partenaire.
Prenez conscience de vos goûts en commun et de ceux que vous ne partagez pas. La négociation deviendra possible puisque chacun se sera exprimé.
Notez que les désirs évoluent avec le temps, l’âge des partenaires et la durée d’une relation. Les réponses données aujourd’hui ne seront plus les mêmes demain. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à clarifier régulièrement ses désirs et à y revenir régulièrement.
Enfin, prenez conscience que le mythe du prince charmant n’engendre que des frustrations! De quoi s’agit-il? Simplement du fait de penser que si votre partenaire vous aime il doit savoir ce qui vous fait plaisir sans que vous ayez besoin de le dire! Nous ne sommes pas devins!
Vous voulez explorer ensemble?

Les peurs
Tout le monde rencontre des peurs relatives à la sexualité, elles font partie intégrante des rencontres amoureuses. Il faut commencer par les accepter puis les partager à notre partenaire.
Exemples de peur
« J’ai peur d’éjaculer trop vite, de ne pas avoir d’orgasme, d’être maladroit(e), d’avoir mal pendant la pénétration car je lubrifie peu, de ne pas avoir d’érection,…».
Quand les peurs de chacun sont exprimées et entendues, le dialogue peut se poursuivre. Quand elles sont reconnues et nommées, elles deviennent «de précieuses alliées sur le chemin de la connaissance de soi», elles ne sont plus paralysantes ou «anormales».
Savoir dire non
«Mon propre bien-être et le plus beau cadeau d’amour que je puisse faire à mon partenaire».
Il s’agit de pouvoir exprimer son refus avec amour et toujours de partager son ressenti.

Le choix du moment: hors du lit et dans le lit
Les échanges hors du lit peuvent aborder un registre plus vaste, plus profond. Ils peuvent être l’occasion de remises en question. Les échanges dans le lit sont destinés à transmettre des informations sur l’ici et maintenant.
Hors du lit
Testez donc le cadre de l’écoute silencieuse. Il s’agit de laisser l’autre s’exprimer sans l’interrompre, sans préparer des arguments de réponse et attendre qu’il dise qu’il a terminé. Ainsi, celui qui parle peut prendre son temps, suivre le fil de sa pensée, exprimer ses ressentis sans devoir se battre pour conserver la parole. Celui qui écoute peut le faire de manière détendue et simplement se laisser toucher par la parole de l’autre, écouter sa vérité, comment il vit les choses.
Lorsque ce sera au tour de celui qui écoute de parler, il ne s’agit pas d’apporter une réponse à ce qu’il a entendu mais à partager ce qu’il a à dire. L’écoute silencieuse est plus un échange qu’une conversation.
Dans le lit
La communication a pour objet l’instant présent. Ce n’est pas le moment d’avoir une discussion de fond! C’est un moment où nous sommes généralement très vulnérables et très sensibles. Il s’agira donc d’utiliser une communication «positive»: «oui c’est bon, continue».
Par contre, si nous rencontrons un inconfort physique ou émotionnel, il faudra l’exprimer également de manière factuelle:
«Mes bras fatiguent dans cette position, j’aimerais en changer».
«J’ai froid, j’aimerais me couvrir»
«J’aimerais arrêter et dormir car demain je me lève tôt et mon esprit est préoccupé, je n’arrive pas à être présent».
Pour terminer
Communiquez:
- avec amour: commencez par dire qu’une caresse est agréable puis ajoutez qu’elle serait encore plus agréable d’une manière différente ou qu’une telle caresse est agréable mais qu’une autre moins.
- avec précision: ta manière actuelle de me caresser ne me convient pas => je te dis avec précision ce que je souhaite comme caresse.
- avec des gestes, des attitudes, des regards. La communication non verbale dans ce contexte a également beaucoup d’intérêt. Il s’agira donc par exemple de prendre une main et de la déplacer délicatement ou de «démontrer» une caresse en la faisant sur nous-même ou sur l’autre.










