L’un des traitements de choix du cancer du sein et du cancer de la prostate est l’hormonothérapie. Mode d’action, intérêt, durée, effets secondaires et solutions. Voici quelques informations.
Mode d’action et durée
La prise d’hormonothérapie dans le cadre du traitement d’un cancer du sein ou de la prostate est peu visible. En effet, il s’agit en général soit d’une prise quotidienne de comprimés soit d’une injection mensuelle, trimestrielle ou semestrielle. C’est un traitement de longue durée qui peut durer des mois, des années voire même ad vitam.
Le terme “hormonothérapie” n’est pas vraiment bien choisi puisque ce traitement est constitué d’anti-hormones et ce sont les hormones sexuelles qui sont ciblées, la testostérone chez l’homme et les oestrogènes et la progestérone chez la femme.
Il existe différents types de traitements qui agissent de manière différente mais toujours dans le but de diminuer au maximum la synthèse des hormones sexuelles.
Notons par exemple chez la femme:
Les anti-oestrogènes (NOLVADEX, FASLODEX), les inhibiteurs de l’aromatase (ARIMIDEX, FEMARA, AROMASIN) et enfin les analogues de la LH-RH (ZOLADEX, DECAPEPTYL). Un tel traitement peut durer de 5 à 10 ans voire ad vitam.
Notons par exemple chez l’homme:
Les anti-androgènes (BICALUTAMIDE, ANDROCURE), l’analogue de la GnRH (DECAPEPTYL), l’antagoniste de GnRH (FIRMAGON), les analogue de la LH-RH (ZOLADEX, DEPO-ELIGARD).
Il est également possible, par exemple en cas de récidive biologique (= augmentation du PSA après traitement par chirurgie, radiothérapie et/ou hormonothérapie), de bénéficier d’un traitement hormonal de nouvelle génération soit ERLEADA (attention risque d’éruption cutanée prurigineuse), XTANDI, ZYTIGA.
Un tel traitement peut durer de 6 à 24 mois voire ad vitam.
Prenez note Messieurs qu’avant l’existence de ces médicaments, le seul traitement envisagé dans le cadre d’un cancer de la prostate était la castration chirurgicale définitive!!!! Maintenant, on parle de castration chimique.
Intérêt
Quelle est l’utilité d’un traitement par hormonothérapie?
C’est simple: il réduit le risque de rechute et de métastases à distance. Il permet également de stabiliser la maladie, d’augmenter la qualité et la durée de vie.
Effets secondaires
Les effets secondaires de ces traitements sont malheureusement nombreux et correspondent assez bien à des symptômes de ménopause/d’andropause. Notons par exemple:
- Bouffées de chaleur.
- Prise de poids.
- Perte musculaire.
- Ostéoporose.
- Diminution de la libido.
- Dysfonctions sexuelles.
- Troubles génito-urinaires (notamment sécheresse vaginale chez la femme).
- Arthralgies.
- Baisse de moral.
- Troubles cognitifs.
- Troubles du sommeil.
- …
Solutions
Différents traitements sont possibles pour palier à ces effets secondaires ainsi que la mise en oeuvre de mesures hygiéno-diétéiques. Voici donc quelques conseils:
- Utiliser du lubrifiant (voir mon article à ce sujet).
- Bouger car au niveau des articulations plus on bouge moins on a mal.
- Prendre du calcium et de la vitamine D (pour lutter contre l’ostéoporose).
- Adopter un régime alimentaire équilibré et varié et pratiquer une activité physique régulière. Pourquoi ne pas consulter une diététicienne?
Concernant l’activité physique, il s’agit bien entendu d’une activité physique adaptée afin d’avoir un meilleur moral (libération d’endorphines), de diminuer les douleurs articulaires, de lutter contre la perte musculaire et contre la prise de poids. Je vous renvoie au Programme proposé sur le site Feel +, consacré aux hommes souffrant d’un cancer de prostate et proposant notamment de nombreux exercices quotidiens adaptés.
Dans ce cadre, notons également les deux initiatives du CHR de Verviers:
- Le programme ACTIVIDA = 18 séances de sport idéalement au rythme de 2 à 3x/semaine. Peu importe le cancer.
- Le programme PROSTART = durant une hormonothérapie de 6 mois pour un cancer de prostate, 2x1h de sport par semaine.

Prenez du temps pour vous, accordez vous par exemples de soins de bien-être au sein de l’Espace Vivie par exemple: massages, promenades dans les bois, sophrologie, biodanza,… Contactez le Centre Holi.
N’hésitez pas à consulter un psychologue si le besoin s’en fait sentir. Les changements d’humeur sont monnaie courante avec ce type de traitements ainsi qu’une certaine irritabilité, des troubles du sommeil,… Sans compter bien entendu l’impact sur votre image corporelle. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à faire appel à un professionnel! Pourquoi ne pas essayer l’hypnose par exemple…
Enfin, en ce qui concerne la baisse de libido et les troubles sexuels, n’hésitez pas à faire appel à un sexologue! Le désir se cultive: commencez par exemple par jeter un oeil aux ressources proposées dans ce site. Sachez aussi que le rapport sexuel ne se limite pas à la pénétration, que vous pouvez vous (ré) découvrir seul et/ou avec votre partenaire et que la communication INTIME DE QUALITE est essentielle. La sexualité évolue tout au long de la vie et la prise d’une hormonothérapie ne signifie pas la fin de votre vie sexuelle mais bien une période d’adaptation et de changement afin de retrouver un nouvel équilibre.
Quelques articles qui pourraient vous intéresser: le désir sexuel hypoactif féminin – masculin, ménopause et sexualité, dysfonctions érectiles.
Il est évident que les informations présentes ici constituent une base. N’hésitez pas à me contacter et à prendre rendez-vous pour un suivi et des conseils personnalisés.










